Gilberte Tsaï
Grandie à Lyon, née à Paris de père chinois et
de mère française, Gilberte Tsaï porte en elle les gènes
du métissage. Et c'est sur scène qu'elle les développe.
C'est d'abord à Lyon qu'elle
aborde le théâtre. Ensuite elle travaille à Strasbourg,
aux côtés de Jean-Pierre Vincent, alors directeur du TNS. Elle
demande à des enfants de jouer, pour les adultes, des textes qui feraient
reculer des comédiens chevronnés. Et qui, du coup, paraissent
concrets, poétiques.
Ayant poussé l'expérience
jusqu'à ses limites, elle cherche d'autres unions insolites, collabore
avec des musiciens, des chorégraphes, des peintres, des acteurs amateurs.
Pour Voyage en Chine intérieure,
elle réunit trente Chinois de la diaspora, les invite à
raconter leur histoire. A travers ce spectacle créé à
Avignon en 1986, repris à Paris et en tournée de par le monde.
Gilberte Tsaï renoue avec ses
racines. Puis elle s'en va au pays de son père, avec une bourse de
la Villa Médicis hors les murs.
Pour Tableaux impossibles (1989),
elle utilise les confidences de plasticiens, de scénographes, à
propos de l'oeuvre idéale qu'ils ne réaliseront jamais, mais
qui les aide à avancer...
Pour Noces de bambou, (1998)
elle rassemble des récits d'émigrés asiatiques de la
région parisienne...
Que ce soit en direction des enfants
ou des adultes, les sources d'inspiration, chez Gilberte Tsaï, sont innombrables :
ainsi Balzac, dont elle rassemble plusieurs textes sous le titre Conversation
entre onze heures et minuit, ou Robert Walser, dont elle adapte une nouvelle,
La Promenade. Elle trouve ses espaces de jeu dans des appartements,
des bibliothèques, des jardins comme sur le plateau. Tout est mouvement,
tout est mêlé, tout est vie, tout est théâtre.